Comment lire les statistiques de l’APCIQ sans se tromper
Chaque mois, l’APCIQ publie les statistiques Centris du marché québécois. Encore faut-il savoir les lire : voici le mode d’emploi, avec les chiffres de septembre 2026 comme exemples.
D’où viennent les chiffres
L’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec compile les transactions réalisées par l’entremise du système Centris, la base de données des courtiers. Ces statistiques couvrent donc les ventes faites avec des courtiers, qui forment la grande majorité des transactions résidentielles au Québec. Elles paraissent au début de chaque mois pour le mois précédent.
On y trouve, par région et par type de propriété : le nombre de ventes, les inscriptions en vigueur, les nouvelles inscriptions, les prix médians et les délais de vente.
Les quatre indicateurs à maîtriser
- Le prix médian : la moitié des propriétés se vendent plus cher, l’autre moitié moins cher. Il décrit une tendance, pas la valeur de votre maison.
- Les mois d’inventaire : le temps qu’il faudrait pour écouler les propriétés offertes au rythme actuel. Au Québec, environ 6,4 mois en septembre 2026 ; sous 8 mois, le marché favorise les vendeurs.
- Le ratio prix vendu sur prix demandé : à Québec, 100 % pour l’unifamiliale en septembre 2026 ; il mesure la tension entre acheteurs.
- Le délai de vente : médian ou moyen selon les publications ; 7 jours à Québec contre 73 jours en moyenne pour un condo sur l’île de Montréal.
Aucun de ces indicateurs ne se lit seul. Ensemble, ils racontent si le marché accélère, ralentit, et pour qui.
Les trois pièges classiques
Premier piège : confondre prix médian et valeur de sa propriété. Le médian bouge aussi parce que le mélange des propriétés vendues change. Deuxième piège : comparer un mois isolé sans regarder la tendance ; septembre 2026 montre 8,4 % de ventes de plus qu’août, mais 7,1 % de moins qu’il y a un an, et les deux lectures sont vraies.
Troisième piège : appliquer une moyenne provinciale à sa rue. L’écart entre la ville de Québec et l’île de Montréal, en septembre 2026, est plus grand que l’écart entre deux années du marché provincial.
La bonne méthode
Lisez la province pour la direction, la région pour le contexte, et votre secteur pour décider. Pour un prix de vente ou une offre, demandez à votre courtier l’analyse comparative des ventes récentes semblables à votre propriété : c’est l’outil dont les statistiques mensuelles sont le décor, jamais le remplacement.
Et méfiez-vous des manchettes qui choisissent un seul chiffre. Le marché a toujours au moins trois dimensions : les ventes, l’offre et les prix.
Questions fréquentes
D’où viennent les chiffres de l’APCIQ ?
Des transactions conclues par les courtiers et enregistrées dans le système Centris. Ils couvrent donc le marché passé par les courtiers, soit la grande majorité des reventes au Québec.
Pourquoi mon courtier ne cite-t-il pas le prix moyen ?
Parce que le prix moyen est faussé par les ventes extrêmes. Les professionnels utilisent le prix médian et, surtout, les comparables précis de votre secteur.
Les statistiques mensuelles suffisent-elles pour fixer mon prix ?
Non : elles donnent le contexte. Votre prix se fixe sur les ventes comparables récentes de votre secteur, l’état de votre propriété et l’offre concurrente actuelle.
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